Après un rassemblement le 19 décembre, intermittent·e·s, technicien·ne·s, précaires, artistes, étudiant·e·s et petites mains du monde la scène, du spectacle et de la culture se sont retrouvé·e·s pour une nouvelle action à la « Direction Régionale des Affaires Culturelles » (DRAC). Mais plus question d’une pose devant la façade du site, puisque cette fois, la cinquantaine de militant·e·s ont décidé d’investir le bâtiment. Une intromission néanmoins paisible, puisque l’occupation s’est limitée à la prise d’un petit-déjeuner — d’ailleurs partagé — avec quelques salarié·e·s présent·e·s. Les protestataires entendent ainsi maintenir la pression contre les politiques menées dans leur secteur, entre coupes budgétaires parfois drastiques et offensives réactionnaires qui se répandent.
Sous l’égide d’un gouvernement libéral-conservateur en recherche constante d’économies, les subventions se voient largement diminuées… Parfois de façon majeure, comme dans les Pays de la Loire, où les crédits seront réduits de 62%. Après de vives inquiétudes, la Bourgogne/Franche-Comté ne devrait pas connaître une situation analogue aux saignées recensées partout ailleurs en France. Pas de quoi crier victoire pour autant, selon les protagonistes du jour. « Le prochain budget sera voté les 20 et 21 mars, a priori le conseil régional ne part pas sur des restrictions massives. Mais au vu des différentes baisses et d’une conjoncture qui pourra se reporter dans le futur, il est important de faire entendre nos voix en ce jour de grève nationale » explique une participante.
Une préoccupation que les élu·e·s concerné·e·s ne devraient pas rater, après que des centaines de messages électroniques leur ont été adressés. « Toutes et tous ont été sollicité·e·s ces derniers jours à ce sujet, ielles savent donc parfaitement que nous serons très attentifs/attentives à leurs propositions, arguments et votes nous concernant. Mais la DRAC, c’est un peu l’équivalant local du Ministère de la Culture. On a donc voulu pousser les choses au-delà des simples mails, histoire de définitivement les convaincre de notre détermination. Même si l’ambiance est restée bon enfant, avec croissants, musicien·ne·s et prises de parole. On rappelle ainsi que nous sommes là, qu’on veut vivre de nos métiers et qu’on est prêt·e·s à les défendre fermement ! » abonde une référente.
D’autres encore ont témoigné de leurs réalités actuelles, souvent difficiles. « Le gel du pass culture a de graves conséquences, pour moi c’est autant d’établissements qui ont du stopper net le programme. Quand on vient d’un département sinistré comme la Haute-Saône, ça veut dire encore moins d’offres pour un public déjà marginalisé. Alors on essaie de s’accrocher, c’est là qu’on enchaîne les dossiers imbuvables, souvent refusés. Et quand les choses tournent mal, pas de chômage pour nous, mais directement le RSA. Donc on attend du soutien, y compris des agent·e·s d’administrations ! » relatait un jeune homme, alors que les responsables de la DRAC notaient scrupuleusement ces doléances. À 10h30 le départ était amorcé, avec une promesse : « la lutte va continuer ».
Illustration d’en-tête : Aperçu de « l’occupation » de la DRAC.