Ielles étaient trois à cinq cents selon les chiffres donnés, plus proche des quatre cents selon nos estimations. Mais pour le seul secteur médico-social, la manifestation d’hier donnait quoi qu’il arrive l’image d’une véritable démonstration. Après une importante mobilisation de la prévention spécialisée, c’est désormais toute la profession qui exprime son malaise et son ras-le-bol. Parti·e·s de l’ARS/pôle Viotte pour gagner la Préfecture où une délégation était reçue, les participant·e·s ont effet multiplié les effets visuels et sonores durant tout le trajet, au cœur du centre historique de Besançon. Une journée nationale de colère initiée par une large intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFTC, SUD/Solidaires), qui dénonce fermement un manque de moyens et de reconnaissance.
Ainsi que l’expose notamment Pascal Descamps de la « CGT ADDSEA », les revendications portent principalement sur la revalorisation de salaires bloqués depuis trente ans, le respect des négociations paritaires et des conventions collectives, la nécessité d’un réel financement des établissements, ou encore la création d’emplois en nombre suffisant afin d’apporter un service de qualité. Une trame de fond à laquelle s’est ajoutée des enjeux locaux concrets, à travers les coupes budgétaires entérinées par le Conseil départemental du Doubs. Pour l’année 2025, la majorité de droite a ainsi acté une baisse d’environ 450 000€ sur ce « poste » ; avec des effets très palpables, les « éducateurs/éducatrices de rue » voyant par exemple leurs effectifs amputés d’un tiers.

Une indéniable volonté de se faire entendre a fait jour, au point de réaliser un crochet impromptu dans la cour de la « direction enfance-famille ». Si l’occupation spontanée est restée relativement bon enfant, personnel et riverain·e·s ont toutefois pu apprécier un concert de tambours, sifflets et slogans. « Je crois qu’on n’est pas les plus à plaindre dans ma boîte, mais il faut reconnaître que j’ai vu mon travail profondément changé. Les conditions se durcissent, les paies ne suivent pas, alors que l’ampleur et la polyvalence des responsabilités augmentent sans cesse. Entre ces réalités et la perte de sens, on n’y arrive plus. Donc oui, on doit être un peu dans l’offensive pour exprimer tout cela » assumait ainsi une salariée historique de la « fondation Pluriel » et adhérente de la CFDT.
Le périple s’est achevé avec une action des intermittent·e·s et précaires, elleux aussi entré·e·s en résistance, par la signature d’un faux chèque de 3.3 milliards d’euros, correspondant à la somme allouée à la défense. Les allusions antimilitaristes étaient d’ailleurs nombreuses, beaucoup fustigeant ce choix budgétaire. « L’hôpital se casse la gueule, l’éducation est en lambeaux, la culture est menacée… Pendant que toute la société est contrainte à des saignées inédites, l’économie de guerre tourne à plein régime. Nous, on refuse clairement ce chantage. On veut de l’argent à destination du médical et de nos aîné·e·s, pas pour l’armée ! » s’époumonait un référent de « Force Ouvrière ». Prochain rendez-vous demain jeudi, 12h00 à Préfecture, pour un rassemblement de la fonction publique.
Illustration d’en-tête : Aperçu du cortège, avenue Edgard Faure.