Mardi soir à la Rodia, avait lieu une soirée à l’occasion du « Grand Baz’Arts de Printemps », un évènement culturel annuel mettant en valeur les travaux des étudiant·e·s bisontin·e·s. Entre ateliers créatifs, court métrage et spectacles de danse ou de musique, nous avons aussi eu l’occasion de voir présenté un petit dictionnaire intitulé « mots et formes du néofascisme ».

Cet ouvrage collectif de quarante pages a été co-écrit par des étudiant·e·s de deuxième année de licence « Information-Communication et Sciences du Langage » de l’Université Marie et Louis Pasteur (ex Université de Franche-Comté) dans le cadre d’un cours d’introduction à l’analyse du discours. Si, pour des raisons matérielles et temporelles, le dictionnaire ne compte que trente-et-une entrées réparties en cinq thématiques, il a la particularité de puiser ses exemples et explications dans des énoncés réels (échanges sur les réseaux sociaux, commentaires « Youtube », chansons, interviews…). Il intègre aussi des chiffres et des symboles, parce que « dans l’espace médiatique, ce ne sont pas que les mots qui se diffusent, mais aussi les symboles et les images. Souvent, les gens ne savent ce qu’il peut y avoir derrière le nombre « 88 » ou des runes nordiques » explique une étudiante.

Cette démarche – très largement saluée dans la salle et à l’université – et son objet, le discours néofasciste, sont assumés : « si cette analyse critique fait partie du cursus universitaire, l’objectif est aussi de mettre en valeur l’activité de recherche et la rendre accessible en dehors de la fac. S’intéresser au discours néofasciste est nécessaire pour rappeler que l’éducation et la recherche seront parmi les premières victimes de l’arrivée au pouvoir des promoteurs d’idéologies fascistes » développent les participant·e·s à ce projet lors de la présentation. Si aucune version numérique n’est actuellement disponible, une version papier, imprimée par la ville de Besançon, est néanmoins disponible dans différents lieux, dans et autour de l’université, à la bibliothèque universitaire et la « MSHE », aux librairies « l’Interstice » et « l’Autodidacte », à la « SCOPS », à « l’Infokiosque » et même au « Bar de l’U ».


Illustration d’en-tête : Table de présentation des dictionnaires, illustration de couverture @turbogabrielle.

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