Ce samedi 22 mars à Besançon, ielles étaient près d’un millier au sein de la « marche des solidarités » appelée dans le cadre de la « journée internationale contre le racisme ». Alors que plus de cinq cents entités signataires s’étaient engagé·e·s sur cette date au national, localement, aussi, l’essentiel des organisations politiques, syndicales et associatives, se sont unies. Beaucoup de jeunes étaient présent·e·s, lequel·le·s ont d’ailleurs pris la tête de cortège avec, à leurs côtés, de multiples collectifs antifascistes intersectionnels, des mineur·e·s isolé·e·s accompagné·e·s par l’association « SolMiRé », des intermittent·e·s en pleine lutte contre la réduction de leurs budgets, des éducateurs/éducatrices qui se battent pour préserver leurs postes, des activistes des droits du peuple palestinien issu·e·s de l’AFPS ou encore des militant·e·s de « la France Insoumise ».

Lison, dix-sept ans, proche de « l’Union Syndicale Lycéenne » (USL), est venue avec ses ami·e·s : « On a vu l’annonce tourner sur le réseau social Instagram, naturellement on est venu·e·s. Le racisme, sous toutes ses formes, on le trouve désormais partout, dans les paroles et les actes… Du gouvernement aux médias, mais aussi dans la rue, il s’instille dans la société. Laisser faire, c’est acquiescer, donc on voulait être présent·e·s pour agir à notre échelle ». Une lecture partagée par Jean, retraité passé par « la Cimade » : « On lit ici et là les effets concrets de ce climat, y compris au plus près de nous. OQTF massives de la Préfecture, abandon des adolescent·e·s par le Département, traque aux sans-papiers par la Police aux Frontières. On peut palabrer longtemps sur le curseur dans lequel nous sommes actuellement, mais force est de constater que toutes les données sont inquiétantes ».

Plusieurs prises de parole ont été effectuées, appelant à un « sursaut républicain » comme le « Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples » (MRAP), soulignant « la réalité de l’antisémitisme » tel·le·s « Juifs et Juives Révolutionnaires » (JJR), ou exhortant « les travailleurs et les travailleuses à l’unité prolétarienne contre le poison de la division » à l’instar de « Lutte Ouvrière » (LO) et du « NPA – Révolutionnaire ». Quelques tensions sont apparues durant le parcours, des participant·e·s se disant « soulé·e·s » par une sono « écrasant le formidable élan populaire et recrachant des formules essentialisantes ». Les slogans alternatifs se sont alors imposés, à l’image de « Besac antifa », « pas de fachos dans nos quartiers » ou « à bas, l’état, les flics et les nazis ». Après deux heures de déambulation, la dispersion s’est amorcée sur Chamars vers 17h00.

Durant la convergence place de la Révolution, deux jeunes participants prennent la pose avec leur pancarte.


La jeunesse emmerde le « Front National », mais pas seulement…
Contrairement à ce qu’ont laissé entendre « MaCommune.info » et « France 3 Franche-Comté », le confidentiel et controversé « Collectif de Vigilance Antifasciste – Besançon » (CVA-B) n’était en rien à l’initiative de la marche. « Une entrevue préparatoire avait lieu le jeudi 13 mars, cette entité n’y était même pas ! Elle n’est plus formée que de deux ou trois personnes âgées et isolées, le très peu de militant·e·s qui savent de qui il s’agit récusant leurs attitudes, dont une tendance invétérée à la récupération » relatait notamment une ancienne membre de ce groupe. Sollicitée par texto quant au rôle réel de l’instance dans la date du jour, Nadine Castioni, l’une de ses seules adhérentes aujourd’hui connues, indiquera uniquement que « le CVA-B a appelé à participer à la manif et n’a jamais prétendu en être l’organisateur : interprétations de la presse mainstream ».

La plupart des propos cités n’en soulèvent pas moins une forte indignation dans les rangs, l’intéressée, adjointe d’une certaine Noëlle Ledeur, allant jusqu’à déplorer la soi-disant absence de « relais politiques » et affirmer avoir dû « organiser [la mobilisation] elles-mêmes avec leurs associations et les personnes directement concernées ». « Qu’ont-elles fait, à part exclure les dizaines de partenaires qui ne leur plaisaient pas, s’accaparer l’évènement et se pavaner devant les micros complaisants ? Par exemple, nombre de petites mains ont tapissé la ville d’affiches pour assurer le succès de ce cortège… Sur leur temps libre, malgré la vie professionnelle ou les obligations familiales. Parfois imprimées via leurs propres deniers, FSU et SUD ayant refusé des tirages importants. Comme d’hab’, nul·le n’a jamais croisé l’une ou l’autre lors de collages ! » s’emporte une féministe historique.

« Les rares têtes grisonnantes qui animent encore cette plateforme se comptent sur le doigt d’une main, avec pour principale activité la rédaction de communiqués. Le CVA-B est un fiasco, tant sur sa représentativité que pour la moindre action concrète. Sur le terrain, ses référent·e·s sont inaudibles et rejeté·e·s, alors, pour exister, ielles compensent en saturant l’espace médiatique. La vérité c’est que toutes les organisations de jeunesse visibles ce samedi ont rompu il y a longtemps, dénonçant un fonctionnement clanique et hors-sol, le mépris des structures intersectionnelles, ainsi que des positions problématiques répétées dont des discours aux relents LGBT+phobes et antisémites tenus en pleines réunions » analyse un de ses fondateurs, qui avait aussi claqué la porte dès octobre 2023. Sur ces charges précises, Nadine Castioni ne fera aucun retour à nos demandes et relances.


Illustration d’en-tête : Aperçu du cortège, rue de la Préfecture.

À lire aussi